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III-1 : Orgue positif

Allemagne XVII ème siècle

Cet instrument, qui aurait autrefois appartenu au chœur de la cathédrale de Reims, est décrit par l’organiste et Maître de Chapelle Felix Raugel en 1921 dans le Monde Musical en novembre 1921 (article cité en 1971 par Marcel Salomon dans le Panorama Instrumental,  et retrouvé par Peter Weimann, de même que les informations suivantes). 

“La forme de cet orgue est celle d’un grand coffre rectangulaire  dont les dimensions sont les suivantes: Hauteur, 0m,93; largeur , 1m05; profondeur, 1m60.

Il n’a pas de tuyaux apparents les quatre côtés du coffre sont ornés de six panneaux sculptés à jour, en plein bois et dorés, représentant des entrelacements de feuillages. Quand on ouvre le panneau qui se trouve sous le clavier, on peut voir comment fonctionne la mécanique, composée d’une série de longs pilotes et d’abrégés reliant les touches du clavier aux soupapes du sommier placé au raz du sol.

Le couvercle de l’instrument se compose de deux panneaux de grillage, dont l’un en basculant forme un commode pupitre pour l’organiste.

Du côté opposé au clavier, se trouve la soufflerie composée de deux soufflets cunéiformes chargés de deux pavés de marbre rose, “administrant” directement le vent au sommier, sans réservoirs régulateurs, et à la pression de 0m.045.

Au lieu d’être mis en action par la classique branloire, cette soufflerie fonctionne à l’aide de deux lanières de cuir passant chacune par une ouverture pratiquée dans la paroi du coffre. 

La partie acoustique de l’instrument comprend 343 tuyaux répartis en six jeux, commandés par six registres; leur nom est écrit en allemand, parce que l’instrument a fait autrefois partie de la collection d’un amateur d’outre Rhin. mais rien ne prouve avec évidence que l’on se trouve en présence d’un ancien spécimen de la facture allemande, surtout si l’on ajoute foi à une vague tradition, d’après laquelle cet orgue serait en tout point semblable à celui qui se dressa au milieu du chœur de la cathédrale de Reims jusqu’en 1837, et avait également l’aspect d’un coffre rectangulaire orné de sculptures sur les faces.

Mais tout ceci a besoin d’être vérifié et ne repose sur la foi d’aucun document valable, et il faut jusqu’à plus ample informé, se contenter de dénombrer les six jeux d’exquise sonorité que renferme le coffre enchanté. Ce sont : 

Du côté gauche : Coppel, bourdon de 8 pieds en bois; Flöte, jeu ouvert de 4 pieds, en bois; Prinzipal, prestant de 4 pieds, la première octave en bois, ouverte, les autres en étain.

Du côté droit : Octave, flûte de 2 pieds en étain; Quint, petit nazard ou larigot donnant la quinte du jeu précédent; Mixtur, petite fourniture de deux rangs, donnant la fondamentale et la quinte, avec deux reprises (au troisième et quatrième ut).

Le bourdon et les plus grands tuyaux des jeux de quatre pieds sont posés obliquement dans le coffre, l’extrémité des tuyaux, tournée du côté du souffleur. Les autres tuyaux sont placés verticalement sur le sommier, à l’avant, du côté de l’organiste. 

Le clavier en bois de buis, pour les touches diatoniques, et en ébène pour les “feintes”, compte 49 marches. il a donc l’étendue de 4 octaves de ut à ut.

La sonorité charmante des jeux de cet orgue, en fait un instrument idéal pour l’accompagnement des voix, ajoutons qu’il est en parfait état de conservation et de fonctionnement, ayant été scrupuleusement restauré par M. Gutschenritter, l’habile facteur, au soins duquel sont confiés les grandes orgues de l’église Saint-Eustache.

L’instrument parle au diapason normal.”  (lire l’article complet ici)

Il est décrit également par Gustave Helbig (dans les années 1930) qui indique que son propriétaire est “Mme Homberg “, deuxième épouse du diplomate et financier Octave Homberg c’est à dire Jeanne Bourdeau (1884-1946), présidente-fondatrice de la Société des Études mozartiennes qu’elle anime avec Félix Raugel de 1930 à 1939.  On trouve le nom de son mari (c’est lui qui a payé le prix respectable de 75.000 francs) dans le livre des ventes du Berceau Royal à la date du 2 mai 1924. 

En 1921, il fallait encore tirer les lanières de cuir pour actionner les soufflets. En 1924, la soufflerie est électrifiée. L’installation du moteur, du démarreur automatique, le démontage et remontage ainsi que la révision complète ont été sans doute faits par Helbig (son nom paraît pour d’autres d’interventions).

L’instrument se trouve depuis 1978 au Metropolitan Museum of Art – New York, avec la description ci-dessous : 

L’orgue positif est un petit type d’orgue à un seul clavier, qui peut être déplacé pour des concerts, de la musique religieuse ou de la musique de chambre profane. L’orgue peut généralement avoir une poignée de tuyaux et n’est pas aussi petit que l’orgue portatif, qui a un seul rang de tuyaux et, comme son nom l’indique, est destiné à être transporté très facilement.

Cet orgue est logé dans un boîtier rectangulaire en bois tendre avec six panneaux en bois doré fixés sur les quatre côtés. Le clavier a quarante-neuf touches et il y a six arrêts. Les plus gros rangs de tuyaux sont montés en diagonale dans le boîtier et deux sangles en cuir sont tirées pour pomper l’orgue. L’instrument dispose de pupitres qui se replient à partir du haut de l’instrument, un pour le claviériste et un de chaque côté de l’instrument pour être utilisés par des chanteurs ou des instrumentistes dans l’interprétation de la musique de chambre.

Dimensions: L. 162,5 cm (64 pouces), W. 105,5 cm (41-1 / 2 pouces), H.95 cm (37-1 / 2 pouces)

Médium: bois, alliages métalliques, cuir et divers matériaux.